J’ai perdu une amie.
Elle ne répondait plus à l’appel depuis quelque temps et pour la retrouver, mes tentatives furent vaines. Elle ne m’avait pas invité à entrer chez-elle la dernière fois que je l’ai vue. Je me tenais bêtement sur le balcon en ne regardant que la chaînette sur la porte. L’envie d’insister ne m’est jamais venue. J’ai tourné les talons sans rien dire. C’était comme ça et je m’en foutais un peu. Si elle ne m’a pas fait signe de détresse ou de bonheur depuis c’est qu’elle est engourdie, là où elle se trouve.
Je lui souhaite de sortir du coma.
Adieu ma belle.
19 janvier 2009
9 janvier 2009
23 décembre 2008
13 décembre 2008
10 décembre 2008
29 novembre 2008
Y Y ?
C'est en dégustant mon indispensable latte du matin que je me suis retrouvée devant Ying et Yang. C'est chouette matin.

Je fais mousser le beau et le lait.

Je fais mousser le beau et le lait.
25 novembre 2008
Coiffer Sainte-Catherine ou dresser l'embuscade?
La Sainte-Catherine, au Canada, c’est la fête des jeunes filles, celles des vieilles aussi; car, comme les premières, elles sont des fleurs charmantes avec cette légère différence qu’elles se sont un peu étiolées sur leur tige, enfin, la Sainte-Catherine, c'est un petit Jour de l'an.
Or, ce jour-là, c’est grand gala pour la marmaille; ce jour-là, on pardonne un peu partout, on se rapproche des siens, on oubli, on fait ripaille, on se barbouille de tire, on chante et l’on s’aime davantage; en un mot on est plus normand, plus breton, plus picard, c’es-à-dire beaucoup français.
À la compagne, la coutume s’est mieux conservée que dans les grandes villes.
Dans les familles, on se réunit entre voisins. Des fricots formidables sont organisés de longue main. De bons plats de ragoût, succulent, épaissi à l’amidon, du pain de ménage, des pommes fameuses, ornent les tables autour desquelles les convives s’asseyent. (…)
Ce jour-là, on donne des petite3s soirées, où l’on danse et comme on ne veut pas « coiffer sainte Catherine », les belles jeunes filles ont plus de tendresse; les idylles vont grand train; on se fiance, et le dimanche suivant le prône de monsieur le curé est chargé de nombreuses publications de bans. (…)
Dans notre pays, tant que nos belles jeunes filles auront le caractère harmonieux comme les lignes, l’âme profonde et douce comme leurs yeux, le cœur jeune et délicat et tendre comme leurs vingt ans, le nombre de vierges tardives sera petite et les honnêtes gars canadiens, au lieu de fuir ne chercheront qu’à tomber dans l’embuscade idyllique où le bonheur se tient discrètement caché.
La Presse, 25 novembre 1906.
Or, ce jour-là, c’est grand gala pour la marmaille; ce jour-là, on pardonne un peu partout, on se rapproche des siens, on oubli, on fait ripaille, on se barbouille de tire, on chante et l’on s’aime davantage; en un mot on est plus normand, plus breton, plus picard, c’es-à-dire beaucoup français.
À la compagne, la coutume s’est mieux conservée que dans les grandes villes.
Dans les familles, on se réunit entre voisins. Des fricots formidables sont organisés de longue main. De bons plats de ragoût, succulent, épaissi à l’amidon, du pain de ménage, des pommes fameuses, ornent les tables autour desquelles les convives s’asseyent. (…)
Ce jour-là, on donne des petite3s soirées, où l’on danse et comme on ne veut pas « coiffer sainte Catherine », les belles jeunes filles ont plus de tendresse; les idylles vont grand train; on se fiance, et le dimanche suivant le prône de monsieur le curé est chargé de nombreuses publications de bans. (…)
Dans notre pays, tant que nos belles jeunes filles auront le caractère harmonieux comme les lignes, l’âme profonde et douce comme leurs yeux, le cœur jeune et délicat et tendre comme leurs vingt ans, le nombre de vierges tardives sera petite et les honnêtes gars canadiens, au lieu de fuir ne chercheront qu’à tomber dans l’embuscade idyllique où le bonheur se tient discrètement caché.
La Presse, 25 novembre 1906.
15 novembre 2008
Enfant Ritalinless chez Kermit
Au début, y'en a un qui semble dire :
Hey l'drummer, flash tes dents pis grimpe moé ça d'1/16 !
Hey l'drummer, flash tes dents pis grimpe moé ça d'1/16 !
12 novembre 2008
Monte le volume pis danse !
Moi aussi, je plug une toune.
People
Keep on learnin'
Soldiers
Keep on warrin'
World,
Keep on turnin'
Cause it won't be too long.
Powers
Keep on lyin',
While your people
Keep on dyin'
World,
Keep on turnin',
Cause it won't be too long.
I'm so darn glad He let me try it again,
'Cause my last time on earth I lived a whole world of sin.
I'm so glad that I know more than I knew then.
Gonna keep on tryin' till I reach the highest ground.
Lovers,
Keep on lovin'
Believers
Keep on believin'
Sleepers
Just stop sleepin'
Cause it won't be too long.
I'm so darn glad He let me try it again,
'Cause my last time on earth I lived a whole world of sin.
I'm so glad that I know more than I knew then.
Gonna keep on tryin' till I reach the highest ground.
Till I reach my highest ground
No one's gonna bring me down
Till I reach my highest ground
Don't you let nobody bring you down
Stevie Wonder
1973 Innervisions
People
Keep on learnin'
Soldiers
Keep on warrin'
World,
Keep on turnin'
Cause it won't be too long.
Powers
Keep on lyin',
While your people
Keep on dyin'
World,
Keep on turnin',
Cause it won't be too long.
I'm so darn glad He let me try it again,
'Cause my last time on earth I lived a whole world of sin.
I'm so glad that I know more than I knew then.
Gonna keep on tryin' till I reach the highest ground.
Lovers,
Keep on lovin'
Believers
Keep on believin'
Sleepers
Just stop sleepin'
Cause it won't be too long.
I'm so darn glad He let me try it again,
'Cause my last time on earth I lived a whole world of sin.
I'm so glad that I know more than I knew then.
Gonna keep on tryin' till I reach the highest ground.
Till I reach my highest ground
No one's gonna bring me down
Till I reach my highest ground
Don't you let nobody bring you down
Stevie Wonder
1973 Innervisions
11 novembre 2008
Jour du souvenir
La nuit passée, une vieille dame est venue chez-moi.
Sur une chaise droite en bois, nous nous sommes assises face à face. Un lit nous séparait. Elle m'a dit qu'elle devait partir. Je suis alors montée sur le lit et je l'ai levée de sa chaise par le bras gauche. Toujours debout sur le lit, je lui ai fait contourner le matelas blanc. Je l'ai ainsi conduite à la porte. Je lui ai dit qu'elle pouvait partir. Ce qu'elle fit.
J'ai fermé la porte et je me suis réveillée.
Sur une chaise droite en bois, nous nous sommes assises face à face. Un lit nous séparait. Elle m'a dit qu'elle devait partir. Je suis alors montée sur le lit et je l'ai levée de sa chaise par le bras gauche. Toujours debout sur le lit, je lui ai fait contourner le matelas blanc. Je l'ai ainsi conduite à la porte. Je lui ai dit qu'elle pouvait partir. Ce qu'elle fit.
J'ai fermé la porte et je me suis réveillée.
10 novembre 2008
4 novembre 2008
High Tounes
Invitation de É. à dévoiler mes goûts musicaux. Mon Top 5, évidemment, ne s'arrête pas là. Qu'importe, voici quelques chouchous.
CCR - I Put A Spell On You
Kid Koala - Fender Bender
Kid à l'oeuvre...
Ludwig van Beethoven - Sonata 14 Adagio Sostenuto
Désolée pour les images quétaines et répétées.
Frank Zappa - Dancin' Fool
Diane Dufresne - Pars pas sans m'dire bye bye
BONUS TRACKS !
Django Reinhardt - Minor Swing
Neil Young - Cinnamon Girl
CCR - I Put A Spell On You
Kid Koala - Fender Bender
Kid à l'oeuvre...
Ludwig van Beethoven - Sonata 14 Adagio Sostenuto
Désolée pour les images quétaines et répétées.
Frank Zappa - Dancin' Fool
Diane Dufresne - Pars pas sans m'dire bye bye
BONUS TRACKS !
Django Reinhardt - Minor Swing
Neil Young - Cinnamon Girl
1 novembre 2008
17 octobre 2008
La grande méchante louve

Au lieu de pisser à côté de la tente, je décide d’aller aux toilettes sur le site du camping. C’est au cas où je pourrais photographier des bestioles et autres curiosités. Cette nuit, il fait froid. La buée me sort de la bouche mais mon sac de couchage, cette peau de saucisson dans laquelle j’essais de m’habiller, me garde au chaud. Je sors à quatre pattes du vestibule et mes mains glissent sur l’herbe givrée. La lune, qui sera pleine dans deux jours, m’offre, ainsi qu’au décor qui dort, une lumière vive et blanche. On y voit presque tout.
Les toilettes sont proches et le chemin pour s’y rendre, balisé d’une faible intensité lumineuse. Je marche sur le gravier et le bruit de la rocaille sous mes pieds détonne. Je me tasse et marche sur l’herbe. Je retiens mon souffle, il fait aussi trop de bruit. J’entends miauler un chat en passant à côté du garage du propriétaire. Mère aux chats, j’obéis à mon instinct et m’approche. La nuit a beau être claire mais ce qui est tapi dans l’ombre, magouille dans la noirceur totale. Je n’y vois rien. Mes yeux ont du mal à s’adapter puisque le site est trop éclairé. Finalement, je trébuche.
Je tombe à plat ventre sur une masse poilue. En une demie seconde je suis debout, raide comme une barre. La masse est encore tiède, je l’ai sentie. Je ne sais pas encore c’est quoi. Je suis pétrifiée. Ne voulant pas y rester toute la nuit, je sors ma lampe de poche. Je tourne tranquillement la tête de ma maglite. Surprise...

... le proprio est venu déposer sa viande en fin de journée. J’avais remarqué qu’il déchargeait des trucs avec sa femme mais comment aurais-je pu douter qu’en plus, un cervidé gisait dans la boîte du pick-up. Je ne sais pas pourquoi il l’a laissé là, ce chevreuil.
Je respire profondément. Je continue à marcher, sans changer mon plan.
J’ouvre la porte des toilettes. C’est spacieux et propre. Rien à signaler à part une dizaine de chenilles noires, longues et lisses qui rampent sur le plancher de béton. Je les imagine sorties des yeux de Krycek. Je rentre dans une des cabines et dépose mes fesses frettes sur le bol. Deux paires d’yeux me regardent : un éléphant blanc et une punaise poussiéreuse.


Je pousse la porte en contre-plaqué de la cabine. Une femme se tient devant moi.
***
Tchic-a-di-di-di !
Tchic-a-di-di-di !
Tchic-a-di-di-di !
La mésange me réveille. Je lève un peu la tête. Hors de doute que vingt cordes de bois m’ont roulé dessus. Pourtant, la tente est debout. Et là, ça frappe. Une vive douleur de peau déchirée, entre mes jambes. Je serre les cuisses en glissant ma main vers mon pubis. Sous mes doigts je sens des croûtes. J’en cueille un morceau. J’ouvre un œil… du sang séché mêlé à je ne sais quoi mais à l’odeur, je m’en doute très bien.

J’entends des voix d’hommes et de femmes au loin. Ça rigole ferme. Des portières claquent puis cinq ou six moteurs de dix roues se mettent à gronder. Ils embrayent tous.
J’étire le bras pour faire glisser la fermeture éclair du vestibule. Je dois sortir de cette tente mouillée pour me réchauffer un peu. Je me hisse à l’extérieur mais du coup, mon pied gauche ne suit pas. Je suis attachée ! La toile du fond est perforée et je vois la chaîne à ma cheville. Je ne crie pas car j’ai peur d’attirer pires ennuis. Je retourne à l’extérieur et je hisse mon corps le plus loin possible. Ma chaîne est attachée à un arbre. Il n’y a plus de tentes ni de motorisés sur le site. Tous sont partis. Par terre, devant moi, il y a un pigeon avec un bout de papier attaché à sa patte.
« Tu pourras toujours commencer par manger ceci. »
4 octobre 2008
Bâtisseure ?



« Once I built a railroad, 'made it run, made it race against the time.
Once I built a railroad; now it's done. Brother, can you spare a dime?
Once I built a tower, up to the sun, brick, and rivet, and lime;
Once I built a tower, now it's done. Brother, can you spare a dime? »
- E. Y. Harburg
Yankee Doodle in the waste line
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