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16 novembre 2011

McComber passe au Salon

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Mon pote Éric est sorti de son Languedoc-Roupillon pour nous faire cadeau de son roman La Solde, publié aux éditions La mèche. Ne pas lire La Solde, c'est passer à côté d'un auteur québécois de haut calibre. McComber est debout et bien solide !

Dédicaces au Salon du livre de Montréal du 16 au 21 novembre 2011.
Passez lui serrer la pince et lui refiler une lampée de scotch. La mèche, au stand 22.

TABLE RONDE
Samedi le 19 novembre 16h30
La mèche présente: Retrouver le Nord
Avec Éric McComber, Samuel Archibald et William Messier.

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16 décembre 2010

Vent par Proust

Je n'ai pas grand chose d'affiché près de mon Gmac.
Le calendrier de Rosie, figé en novembre et qui me rappelle Willie Nelson in September... et Louis Riel le 16.
Sinon, deux petits papiers de Proust, découpés je ne sais où. J'ai été happée, je n'ai pu m'empêcher de les exposer à mes côtés. Ils se lisent comme suit :

Mademoiselle,
Je reçois votre lettre une heure avant le départ de mon navire. Nous n'avions relâché que pour huit jours, et je ne reviendrai que dans quatre ans. Daignez garder le souvenir de
Votre respectueux et tendre


Honoré

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« La vie est étrangement facile et douce avec certaines personnes d'une grande distinction naturelle, spirituelles, affectueuses, mais qui sont capables de tous les vices, encore qu'elles n'en exercent aucun publiquement et qu'on n'en puisse affirmer d'elles un seul. Elles ont quelque chose de souple et de secret. Puis, leur perversité donne du piquant aux occupations les plus innocentes, comme se promener la nuit, dans des jardins. »

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Au jardin, je m'y rends de ce pas.
Attends-moi.

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30 juillet 2009

Moi ? Je l'savais pas...

... quoique je n'ai jamais lu les pamphlets.
Me justifie-je tu ? Voyons !



Céline, Hergé et l'Affaire Haddock
Brami, Emile
Éditions Écriture 2004

« Question : Georges Rémi, dit Hergé, a-t-il puisé aux pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline pour alimenter le réservoir à jurons du capitaine Haddock ? Telle est l'intuition d'Émile Brami, spécialiste de Céline : « Un jour, j'étais en train de parcourir Bagatelles pour un massacre . Au détour d'une phrase dans laquelle Céline prend à partie les prolétaires anglais, je suis tombé sur ceci : " Fellahcieux, Incas à plumes, coolies, benibouffes, anthropogans, cafres rouges, orthocudes, Karcolombèmes ''. Cela m'a littéralement sauté aux yeux : c'était du Haddock ! Au terme de mon enquête, je ne possède aucune certitude absolue, mais je dispose d'un extraordinaire faisceau de présomptions. » Lesquelles ? Les coïncidences chronologiques. 1938 : date de la première apparition du nom de Haddock dans un carnet d'Hergé et date de mise en vente de Bagatelles pour un massacre. 1941 : publication du Crabe aux pinces d'or, où Haddock apparaît pour la première fois. La comparaison quantitative des injures du pamphlet de Céline avec celles du Crabe aux pinces d'or et l'étude de leur technique identique de « fabrication » par le jeu des sonorités et des transferts de sens. Parmi les jurons que les deux oeuvres ont en commun : parasite, renégat, aztèque, noix de coco, bachi-bouzouk, iconoclaste, sapajou, ornithorynx, macaques, canaque, cannibales (ces trois derniers à connotation explicitement raciste chez Hergé). L'examen des contextes politiques dans lesquels évoluaient Céline et Hergé. L'approche du personnage de Robert Poulet, critique littéraire, ami intime de Hergé et proche de Céline, qui aurait pu donner à lire Bagatelles au père de Tintin. »

6 mars 2009

Lui et moi

MOI. — Ce qui rend les gens du monde si délicats sur leurs amusements, c'est leur profonde oisiveté.
LUI. — Ne croyez pas cela. Ils s'agitent beaucoup.
MOI. — Comme ils ne se lassent jamais, ils ne se délassent jamais.
LUI. — Ne croyez pas cela. Ils sont sans cesse excédés.
MOI. — Le plaisir est toujours une affaire pour eux, et jamais un besoin.
LUI. — Tant mieux, le besoin est toujours une peine
MOI. — Ils usent tout. Leur âme s'hébète. L'ennui s'en empare. Celui qui leur ôterait la vie, au milieu de leur abondance accablante, les servirait. C'est qu'ils ne connaissent du bonheur que la partie qui s'émousse le plus vite. Je ne méprise pas les plaisirs des sens ; j'ai un palais aussi, et il est flatté d'un mets délicat, ou d'un vin délicieux ; j'ai un cœur et des yeux ; et j'aime à voir une jolie femme. J'aime à sentir sous ma main la fermeté et là rondeur de sa gorge ; à presser ses lèvres des miennes ; à puiser la volupté dans ses regards, et à en expirer entre ses bras. Quelquefois avec mes amis, une partie de débauche, même un peu tumultueuse, ne me déplaît pas. Mais je ne vous dissimulerai pas, il m'est infiniment plus doux encore d'avoir secouru le malheureux, d'avoir terminé une affaire épineuse, donné un conseil salutaire, fait une lecture agréable ; une promenade avec un homme ou une femme chère à mon cœur ; passé quelques heures instructives avec mes enfants, écrit une bonne page, rempli les devoirs de mon état ; dit à celle que j'aime quelques choses tendres et douces qui amènent ses bras autour de mon col.

Extrait "Le neveu de Rameau" - Diderot